Igoudars

Témoins d'un passé lointain, les "igoudars" sont des vestiges qui témoignent d'une histoire ancestrale et d'une tradition séculaire. Préservés au fil du temps, ils reflètent à la fois une culture architecturale et sociétale. Ces greniers collectifs, prenant la forme de citadelles, étaient généralement surveillés par un "lamine", littéralement un homme de confiance. Ils servaient au stockage des denrées alimentaires, des récoltes de blé, de maïs et d'orge, de l'huile, des bijoux et des documents précieux. Grâce à leur structure fortifiée, ils constituaient un refuge idéal et un abri sûr pour les provisions et les biens des populations des douars, les protégeant des tentations des brigands.

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La gestion des «igoudar» révèle une organisation exceptionnelle. En effet, l’homme de confiance «lamine» qui veille sur le grenier est payé en nature. Ainsi, les habitants le rémunèrent avec une partie de leurs récoltes. Pour entretenir les greniers contre les invasions des souris et des bestioles, Lamine du grenier est supposé domestiquer des chats, il en perçoit pour ce service une part supplémentaire appelée « La louche du chat ».

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Ces greniers collectifs se comptent par centaines dans la région de Souss Massa. Au départ d'Agadir, plusieurs d'entre eux sont facilement accessibles en moins d'une heure de voiture, notamment sur la route menant à Aït Baha. Parmi les sites à visiter, on peut citer le grenier d'Imchguigueln ou celui d'Afella Ouzaghar.

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Les techniques architecturales et les matériaux utilisés, dans la construction de ces greniers, sont locaux et s’intègrent harmonieusement dans le paysage. Toitures des greniers réalisées à base de tiges en bois d’arganier, portes miniaturisées en bois de thuya ou de chêne, tronc d’arbre pour pilier ou escalier… rien ne vous laisse indifférent. En raison de ces caractéristiques, ces chefs-d’œuvre patrimoniaux, considérés autrefois surtout pour leur fonctionnalité, constituent aujourd’hui une véritable curiosité architecturale et un lieu de prédilection touristique.

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